Minéralisation Cu-Au-Ag de l’indice du Lac Ell et de ses implications sur la genèse du
gisement d’or Roberto, propriété Éléonore, Baie James

Projet DIVEX SC21


Responsable du projet

Michel Malo, INRS-ETE, courriel

Collaborateurs

Valérie Bécu, INRS-ETE
Benoît Dubé, CGC-Québec
Michel Gauthier, UQAM
Jean-François Ravenelle, INRS-ETE
Jacques Simoneau, Les Mines Opinaca Ltée.
Exemples gisements

Introduction

Le gisement Roberto diffère des gisements aurifères orogéniques archéens retrouvés en Abitibi (roches encaissantes silicoclastiques au faciès des amphibolites, arsénopyrite disséminée, altération potassique avec andalousite et diopside) et il est situé dans une ceinture géologique du Moyen-Nord du Québec qui ne contient actuellement aucun gisement en exploitation. Le lien spatial étroit entre l'intrusion du Lac Ell qui renferme des indices cupro-aurifères pourrait suggérer que la minéralisation aurifère de Roberto est reliée à un système magmatique porphyrique.La compréhension de la relation chronologique et l'investigation d'un lien génétique potentiel entre la minéralisation de l'indice du Lac Ell avec celle du gisement Roberto pourraient avoir un impact majeur sur les stratégies d'exploration dans le secteur.

Est-ce que l’indice du Lac Ell (Cu-Au-Ag) est bien d’affinité porphyrique? Si tel est le cas, est-que la minéralisation aurifère de Roberto est également reliée au système porphyrique? Est-ce que la présence de l’intrusion du Lac Ell est indispensable à la formation du gisement Roberto? Est-ce que l’intrusif est polyphasé avec un ou plusieurs événements minéralisateurs? Voilà des questions dont les réponses pourraient avoir un impact majeur sur les stratégies d’exploration dans le secteur.

Objectifs et méthodologie

L’objectif global du présent projet est de comprendre la relation chronologique entre la minéralisation à Cu-Au-Ag de l’indice du Lac Ell avec la minéralisation aurifère du gisement Roberto.

Les travaux de terrain d’octobre 2006 ont consisté en des levés cartographiques et d'échantillonnage de cinq sites ciblés afin de rencontrer les objectifs du projet. L'indice principal de Cu-Au-Ag de l'intrusion du Lac Ell (ZM) et une zone de déformation minéralisée caractérisée par la présence de tourmaline (ZTl) ont fait l'objet d'une cartographie détaillée.

Considérant que certains travaux analytiques sont toujours en cours, les résultats présentés ici concernent essentiellement la caractérisation géologique et pétrographique des différents éléments géologiques de l’indice principal ZM, de même que la caractérisation de la minéralisation. La minéralisation de l'indice de Cu-Au-Ag du Lac Ell a également fait l'objet d'un échantillonnage pour analyse géochronologique (datation de la molybdénite par la méthode Re/Os).

Résultats : l’indice principal de Cu-Au-Ag de l’intrusion du Lac Ell

Géométrie de la zone minéralisée (ZM)

La ZM se présente dans un corridor d'orientation SSO sur une longueur de 15 m et d'une largeur de 2,5 à 4 mètres. Ce corridor renferme un réseau de veinules, veines et fractures minéralisées d'épaisseur centimétriques à pluridécimétriques. En bordure ouest et nord du corridor minéralisé, la minéralisation varie de chalcopyrite-pyrite fine, disséminée, associée à de minces bandes de quartz (Fig. 5) ou à des veinules de chalcopyrite, orientés vers le SO, parallèle à la schistosité principale. Une étroite bande d'altération potassique, d'intensité variable, est observée en association avec la présence de cette minéralisation disséminée.

Nature de l'altération

La présence de feldspath potassique (microcline), dans une proportion variant de 7 à 20%, caractérise l'intensité de l'altération potassique affectant la diorite encaissant la minéralisation. En bordure et au cœur de la ZM, une hématisation se superpose à l'altération potassique et il est possible d'observer la présence d'une albitisation tardive, caractérisée par la présence de grains fins d'albite exempts de damouritisation et montrant des mâcles en échiquier (checkerboard) (Figure 7). Ces altérations s'apparentent à celles reliées aux minéralisations porphyriques de Cu-Au±Mo où l'on retrouve la minéralisation étroitement associée à des altérations potassiques (biotite, feldspaths potassiques) et phylliques (quartz, séricite), surimposées d'une auréole d'altérations propyllitiques (chlorite, épidote, plagioclase sodique et carbonates).

Nature de la minéralisation

La minéralisation est constituée de chalcopyrite-pyrite±malachite/bornite encaissées dans la diorite déformée et localement bréchique avec de l'épidote surimposée d'une altération ferrugineuse (Fig. 8). Une minéralisation en chalcopyrite±pyrite±malachite/bornite±magnétite±molybdénite semi-massive à disséminée est aussi observée en association avec des amas centimétriques de quartz (Fig. 9, 10). La paragenèse est : pyrite±magnétite - molybdénite - chalcopyrite±pyrrhotite - tellurures/sulfosels de bismuth/±Ag-Au - goethite - pyrite±magnétite.

Minéralisation

Minéralisation semi-massive à disséminée en chalcopyrite (±Py-malachite/bornite-Mt-Mo) associée à des amas centimétriques de quartz retrouvée à la ZM de l'indice du Lac Ell.
Photomicrographie

Photomicrographie en lumière polarisée montrant la présence locale de bâtonnets d’actinote (Ac) en association avec l’altération potassique (Fk) retrouvée au coeur de la ZM de l’indice du Lac Ell.

La chalcopyrite, la principale phase minéralisée, semble être contemporaine à l'épidotisation de la diorite encaissante et montre localement une association avec l'actinote (Fig. 11). La molybdénite a été observée sur quelques échantillons. Il s'agit généralement de paillettes de petite taille (0,1 à 0,2 mm), peu abondantes et localisées en bordures ou en inclusions dans les silicates (biotite-hornblende chloritisées à épidotisées). Quelques grains de molybdénite sont également retrouvés en bordures de la chalcopyrite (Fig. 12). Une inclusion de molybdénite dans une plage de chalcopyrite confirme le caractère précoce de la molybdénite par rapport à la chalcopyrite. (Fig. 13).

Conclusions préliminaires

La nature de la minéralisation retrouvée à la ZM de l’indice du Lac Ell, essentiellement de la chalcopyrite avec présence mineure de pyrite, magnétite, malachite et de molybdénite ainsi que l’identification de sulfosels de bismuth-molybdène et de tellurures comme phases supergènes à la chalcopyrite, s’apparente à celle fréquemment associée aux systèmes de minéralisations porphyriques. La répartition de cette minéralisation selon un réseau de veinules, veines et fractures minéralisées d’épaisseur centimétriques à pluridécimétriques contenu dans un corridor minéralisé, encaissé dans une intrusion dioritique porphyrique, en association avec la présence de brèches et de fortes altérations potassiques et propyllitiques sont autant d’éléments en faveur de l’interprétation d’une minéralisation de type porphyrique pour la ZM de l’indice du Lac Ell. L’observation d’électrum de concert avec les résultats analytiques indiquant des valeurs anomales en or et argent (jusqu’à 21.2 g/t Au et 56.4 g/t Ag pour un échantillon choisi) confirme le caractère aurifère et argentifère de la minéralisation. L’association spatiale apparente de ces fortes valeurs avec des amas de quartz et la présence de molybdénite pourrait s’avérer un bon guide afin de déterminer les zones potentiellement enrichies en or et argent.


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