Les minéralisations porphyriques à or de Malartic

Projet DIVEX SC23


Responsable du projet

Michel Jébrak, UQAM, courriel

Collaborateur

Christian Beaulieu, UQAM
Exemples gisements

Exemples de gisements de type porphyrique de l'Abitibi. Les derniers calculs de ressources inférées pour le gisement de Canadian Malartic ont été estimées entre 8,37 et 8,47 millions d’onces d’or, avec une teneur de coupure inférieure de 0,4 g/t Au.

Introduction

Les minéralisations porphyriques archéennes sont peu abondantes. Toutefois, au cours des dernières années, plusieurs gisements qui présentent des caractéristiques porphyriques ont été mis en production. Plusieurs indices présentent des caractéristiques similaires en Abitibi, en particulier à Launay (Jébrak et Doucet, 2002). Toutefois, ces minéralisations archéennes restent mal comprises puisqu’elles montrent à la fois des contrôles pétrologiques et structuraux. On a ainsi ré-interprété la plupart de ces minéralisations comme des variantes particulières de gisements orogéniques, ce qui laisse les explorateurs miniers sans guide spécifique d’exploration.

Problématique et objectifs

Le projet vise à documenter et à reconnaître l’origine des minéralisations aurifères de Malartic au sud de l’Abitibi. Ce district a produit plus de 35x106 t à 3,95 g/t Au entre 1935 et 1983. Bien que le district soit localisé le long de la faille Cadillac – Larder Lake, ces minéralisations sont très particulières du fait de leur caractère disséminé et de leur contrôle par des niveaux vraisemblablement métasomatiques silicifiés dans les turbidites du Groupe de Pontiac (Derry, 1939; Sanfaçon et Hubert, 1990). Elles avaient été interprétées jusqu’ici comme des formes particulières de gisement mésothermal. Mais ces minéralisations sont également largement contrôlées à l’échelle régionale par des intrusifs (Consorem, inédit).

Sur la base d’une nouvelle compilation des données, et de plus de 20 000 m de nouveaux forages carottés, la compagnie Osisko propose une ré-interprétation selon un modèle porphyrique où les minéralisations disséminées en or apparaissent au sommet d’un porphyre dioritique (Wares, 2006). La ressource aurifère inférée a récemment été évaluée à environ 175 x 106 tonnes à 1,2 g/t Au. Ce gisement apparaît donc très original en Abitibi. Plusieurs questions seront abordées : le district de Malartic est-il effectivement de nature porphyrique ? Quelle est la nature des brèches ? Le contrôle structural est-il synchrone ou postérieur à l’emplacement des minéralisations ? Quelles sont les relations entre les silicifications (cherts) et les minéralisations ? Peut-on prévoir la localisation des concentrations aurifères comparable?

Canadian Malartic
Localisation et géologie des principales zones minéralisées de Canadian Malartic. La majorité de celles-ci se retrouvent à l’intérieur des sédiments du Pontiac, souvent à proximité d’un intrusif dioritique.

Méthodologie

Dans le cadre de ce projet, deux thématiques ont été particulièrement investiguées : d’une part l’évolution structurale, en mettant l’accent sur les brèches (équipe de l’UQAM), d’autre part, la géochimie du stock plutoniques et des altérations (équipe de l’Université McGill). Seulement la thématique structurale est présentée ici.

Le sous-projet s’est appuyé sur 3 volets à ce jour:

  1. Analyse des brèches à partir des forages carottés conservés à Malartic
  2. Analyse statistique de la distribution des minéralisations en or et des lithologies reconnues dans les forages
  3. Construction d’un modèle géologique 3D sous Gocad

Résultats et conclusions préliminaires

Trois grands types de brèches ont été mis en évidence. Ces brèches diffèrent par la nature de leur matrice (calcite-biotite-quartz ; silice ; carbonates-feldspath-biotite), par le degré de corrosion des fragments, exprimé par la complexité du contour, et par la teneur en or.

3 brèches

Principaux types de brèches reconnues : (a) Brèche à matrice de calcite – biotite – quartz, dont les proportions varient souvent en s’éloignant du contact des fragments; (b) Brèche à matrice de silice, contenant rarement des impuretés, où on peut observer une biotitisation des fragments probablement reliques de la bréchification décrite en (a) ; (c) brèche dont la matrice est un stockwerk de carbonates – feldspath-K ± biotite, rarement observée. (trait noir = 5cm)

Les résultats des mesures systématiques sur les brèches ont permis une cartographie préliminaire des brèches. De plus, une analyse statistique de la distribution des minéralisations en or et des différents faciès, a été réalisée. Ainsi, il apparait clairement une relation entre la calcite et la teneur en or, sauf dans les cas de calcite très abondante ; une relation entre la silice et la teneur en or est également présente, quoique moins nette. Les relations entre l’or et les différents types de veines ont également été investiguées.

Les premiers travaux sur le porphyre de Malartic ont montré que la minéralisation en or résultait d’un processus vraisemblablement polyphasé, tel qu’illustré d’une part par la diversité des altérations et d’autre part par la typologie des brèches. Il s’agit d’un système complexe puisque les brèches occupent des sites structuraux différents, au contact de l’intrusion ou à plusieurs dizaines de mètres ; le contrôle structural de ces brèches reste à comprendre. La distribution des styles de brèches devrait permettre de mieux comprendre les flux hydrothermaux. Enfin, on devra réaliser la synthèse des observations géochimiques et structurales.


Références

Derry, D.R. (1939) The geology of the Canadian Malartic gold mine, N. Quebec. Economic Geology 34: 495-523.

Jébrak, M. and Doucet, P. (2002) Geology and gold porphyry mineralizations of the Taschereau-Launay Archean plutons, Abitibi, Quebec. Precambrian Research 115: 329-248.

Sansfaçon, R. and Hubert, C. (1990) The Malartic gold district, Abitibi Greenstone Belt, Quebec: Geological setting, structure and timing of gold emplacement at Malartic gold fields, Barnat, East-Malartic, Canadian Malartic and Sladen Mines.

Wares, R. (2006) Canadian Malartic Gold Deposit, Quebec Three to Four Million Ounce Gold Potential.
http://www.osisko.com/en/properties/Review%20Malartic%200908.pdf


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